Dans l'ensemble des installations de stockage d'énergie par batterie (BESS) à grande échelle en service, une part importante des pertes de performance et des risques opérationnels ne provient pas de défaillances majeures, mais d'anomalies quotidiennes qui passent inaperçues ou sont mal comprises.
Comme le montre notre analyse des actifs d'exploitation intitulée «Le coût réel des anomalies des systèmes de stockage d'énergie par batterie », l'impact cumulé de ces problèmes peut représenter près de 10 % de perte de chiffre d'affaires annuel, résultant à la fois d’une dégradation progressive et de pertes de disponibilité intermittentes.
Ces anomalies apparaissent souvent de manière progressive et restent en dessous des seuils détectables par les systèmes de surveillance traditionnels, ce qui pose un défi majeur :
Pourquoi est-il encore si difficile de modéliser avec précision le comportement des batteries dans des conditions réelles ?
1. Introduction
Dans le contexte d'une électrification à grande échelle, la compréhension et la prévision du comportement des batteries sont devenues un enjeu crucial, non seulement d'un point de vue technique, mais aussi sur les plans opérationnel et économique.
Malgré la disponibilité croissante des données et les progrès de l'intelligence artificielle, il reste difficile de modéliser avec précision les systèmes de batteries dans des conditions réelles. Cela s'explique par la combinaison de phénomènes électrochimiques complexes qui ne peuvent être appréhendés par les seules données, d'un comportement hétérogène des systèmes et de conditions d'exploitation variables d'un équipement à l'autre.
Cela a conduit à l'adoption généralisée de deux grandes approches de modélisation :
- modèles basés sur la physique
- modèles basés sur les données et l'intelligence artificielle (IA)
Si chaque approche offre des atouts importants, leurs limites apparaissent clairement lorsqu'elles sont utilisées isolément.
Ces défis sont communs tant aux systèmes stationnaires de stockage d'énergie par batterie (BESS) qu'aux flottes de véhicules électriques (VE), où la variabilité de l'utilisation, de l'environnement et du vieillissement complique encore davantage la modélisation précise.
Pour mieux comprendre ces défis, il est utile d'examiner les deux principales approches de modélisation utilisées aujourd'hui.
2. Modèles basés sur la physique: Indispensables maisincomplets
Les modèles basés sur la physique s'appuient sur la description des phénomènes électrochimiques sous-jacents au sein de la batterie (diffusion ionique, réactions aux électrodes, transport de charge, comportement thermique, etc.).
Une approche largement répandue consiste à modéliser les batteries à l'aide de modèles de circuits équivalents (ECM), qui offrent un bon compromis entre précision et complexité de calcul pour décrire le comportement en tension et thermique.
Leurs avantages et leurs limites sont décrits ci-dessous.










