L'analyse de données par défaut : comment Socomec conçoit des systèmes de stockage C&I conçus pour durer

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Dans notre article publié sur Energy Storage News, « L'état des lieux de l'analyse des systèmes de stockage d'énergie par batterie (BESS) : trois points de vue issus du salon The Smarter E 2026 », nous avons fait valoir que l’analyse des batteries est passée du simple statut d’outil de surveillance à celui de couche décisionnelle pour le stockage d’énergie. Cet article aborde la question du point de vue de l’intégrateur. Lors du salon The Smarter E 2026, Jean-Marc Guillou, directeur de division chez Socomec, s’est entretenu avec Jacob Yang, consultant en marketing chez PowerUp, pour expliquer pourquoi une entreprise qui doit garantir le bon fonctionnement d’un système pendant une ou deux décennies a besoin de bien plus que les données fournies par la batterie elle-même.

Le marché de Socomec : « Behind-the-Meter »

S'engager sur un actif pendant une période aussi longue commence par un choix délibéré quant au domaine dans lequel on souhaite être compétitif. Le stockage d'énergie se divise en deux marchés. Le segment « en amont du compteur » (front-of-the-meter) couvre les grands projets à l'échelle du réseau, souvent supérieurs à 500 MWh, et Jean-Marc a clairement indiqué que ce n'était pas là que Socomec intervenait. L’entreprise intervient en aval du compteur, dans le segment commercial et industriel (C&I), où la batterie alimente les installations propres au client plutôt que le réseau de gros. Ses clients sont des producteurs d’électricité indépendants et de grands sites industriels qui intègrent des installations solaires et de stockage pour fonctionner de manière plus écologique, et la mission de Socomec est de fournir à chacun d’entre eux un équipement performant sur le long terme.

Pourquoi les données brutes ne suffisent pas

Socomec est à la fois fabricant et éditeur de logiciels, et ces deux rôles convergent vers une même exigence : lorsqu’un client prend livraison d’un système, il s’attend à ce que celui-ci fonctionne pendant dix, quinze ou vingt ans. Un système de gestion de l’énergie (EMS) décide quand charger et quand décharger, et la qualité de ces décisions dépend entièrement de la précision avec laquelle il analyse l’état de la batterie sous-jacente. La difficulté, comme l’a souligné Jean-Marc, est d’être certain que cette analyse reflète bien ce qui se passe réellement à l’intérieur.

« Nous devons nous fier aux données fournies par les batteries. » – Jean-Marc Guillou, directeur de la division commerciale chez Socomec

Un système de gestion de batterie (BMS) transmet les données de tension et de température issues de mesures physiques, et il remplit parfaitement cette fonction. Ce que ces mesures brutes ne permettent pas d’obtenir directement, c’est une évaluation fiable de l’état réel de la batterie. C’est là qu’intervient Socomec avec son outil d’analyse des données de batterie, Battery Insight®, développé par PowerUp. Cette analyse transforme les mesures en état de charge (SOC) et en état de santé (SOH) avec une marge d’erreur réduite, permet de détecter précocement les risques pour la sécurité et fournit une estimation de la durée de vie que l’entreprise peut réellement garantir. Même avec la chimie LFP plus sûre privilégiée par Socomec, une batterie installée à proximité d’une installation commerciale ou industrielle représente un risque qu’il convient de gérer plutôt que de négliger.

D’extension à fonctionnalité standard

Auparavant, les opérateurs C&I qui souhaitaient bénéficier de ce type de visibilité devaient la rechercher et l’intégrer eux-mêmes. Socomec a changé la donne en intégrant les fonctionnalités d’analyse de PowerUp dans chaque nouveau système de stockage d’énergie (BESS) qu’elle commercialise, via sa plateforme de surveillance SoLive Pro BESS, dans le cadre d’un service de surveillance standard d’une durée de cinq ans. Alors que la surveillance classique rend compte de l’état en temps réel et des alarmes, les analyses intégrées appliquent des algorithmes aux données en temps réel et historiques afin de détecter les premiers signes de dégradation, notamment l’état de santé (SOH), la durée de vie utile restante (RUL) et le déséquilibre des cellules, qui ne relèvent pas des fonctions pour lesquelles un BMS conçu.

Selon les estimations de Socomec, cette visibilité permet de prolonger la durée de vie des batteries jusqu’à 20 %, d’améliorer la disponibilité de 3 à 5 % par an et de libérer jusqu’à 15 % de capacité utile supplémentaire, ce qui peut se traduire par deux à trois années supplémentaires de fonctionnement ou par des économies pouvant atteindre 230 000 € par MWh sur toute la durée de vie d’un équipement.

Suivre le rythme d'une cible en mouvement

Selon Jean-Marc, le plus difficile dans ce métier est de suivre le rythme effréné des évolutions dans le domaine des batteries. De nouvelles solutions apparaissent environ tous les six mois, l’essentiel de l’innovation provenant d’Asie : de nouvelles compositions chimiques, telles que les batteries sodium-ion, et des formats à longue durée de vie viennent s’ajouter aux batteries LFP, tandis que la conversion de puissance s’oriente vers le carbure de silicium. Un intégrateur doit assimiler toutes ces évolutions sans avoir à refondre sa plateforme à chaque fois ; c’est pourquoi Socomec veille à ce que sa pile logicielle reste indépendante du type de batterie et du système de conversion de puissance (PCS) sous-jacent.

Cette même rigueur porte ses fruits plus tard dans le cycle de vie d'un équipement. À mesure que le coût des batteries diminue, les propriétaires agrandissent souvent leur installation en associant des batteries de « seconde vie » à des cellules plus récentes, ce qui n'est possible que si l'on peut analyser le fonctionnement réel du système existant avant de le compléter. C'est grâce à l'analyse que la modernisation devient une décision mûrement réfléchie plutôt qu'une simple supposition.

Maîtriser la pile

Tout ce qui est connecté au réseau électrique comporte un risque cybernétique, et en Europe, la loi sur la cybersécurité renforce les exigences en matière de sécurité auxquelles doit satisfaire un système de stockage d’énergie. Plutôt que d’externaliser cette exposition au risque, Socomec a développé son propre logiciel, sa propre plateforme IoT et son propre cloud, en stockant les données sur un cloud français souverain certifié ISO 27001, ce qui lui permet de contrôler l’ensemble du parcours, depuis l’équipement jusqu’au raccordement au réseau. Pour un fabricant dont les systèmes sont installés sur des sites critiques, la maîtrise de cette chaîne lui permet de gérer les risques tant pour le client que pour l’opérateur du réseau.

Arguments à l'intention d'un propriétaire d'entreprise industrielle et commerciale

En résumé, voici ce que Socomec propose à un propriétaire d’installation C&I : du matériel et des logiciels provenant d’un seul et même fabricant, les analyses avancées de PowerUp qui évaluent l’état réel de la batterie, une solution sécurisée de bout en bout, ainsi que quinze ans d’expérience et plus de cinq cents sites déployés à son actif. Derrière tout cela se cache une entreprise familiale fondée il y a plus d’un siècle, dont l’activité remonte bien avant la durée de n’importe quelle garantie qu’elle propose. Il en résulte un système sur lequel un propriétaire peut compter pour fonctionner conformément aux termes du contrat, avec des données pour le prouver.

Découvrez l'intégralité de l'entretien avec Jean-Marc Guillou, directeur de division chez Socomec, et Jacob Yang, consultant en marketing chez PowerUp.

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